Tendinopathies et autres périostites Bonjour !!!

Ami parapentiste et marcheur,

La décision est prise, le Bornes To Fly est l’étape évidente en cette année 2016, pour une première participation, ou parce que celle-ci s’inscrit dans la continuité des précédentes éditions.

Il reste qu’une bonne préparation est essentielle, tant sur les plans mécanique, physiologique et diététique.

Les jours de course arrivants, il va falloir préparer sa gestion de l’effort à fournir.

Ce petit édito va davantage s’attarder sur les risques potentiels encourus par le sportif marcheur et volant.
L’intention n’est évidemment pas de faire peur, mais juste de parler des potentiels risques qui peuvent exister, même sur une compétition amateur.
Les traumatismes et blessures rencontrés sont essentiellement reportés sur le squelette. Les blessures peuvent être d’ordre articulaires et tendineuses.
La marche :
Elle va constituer une part importante de ce Bornes To Fly, surtout si on considère que les effets potentiellement traumatiques vont être majorés par le poids de la voile dans le dos.
Inutile de prévenir qu’il faut avoir un bon sac de portage, c’est évidement un point clé d’une compèt’ réussie.
Les avis diverges bien évidemment sur l’emploi ou non de bâtons de marche. Mais il est avéré que le poids du marcheur va être allégé sur le rachi (colonne vertébrale), le bassin et les membres inférieurs par ces fameux bâtons : 15% de gain de poids par bâton utilisé.
Les risques de blessures encourues concernent surtout les membres inférieurs : bassin, genoux, chevilles, pieds, et à moindre mesure, les épaules et la colonne vertébrale.
Elles seront d’autant mieux évitables que l’athlète aura préparé son Bornes To Fly dans de bonnes circonstances, et aura géré sa nutrition et son hydratation en période d’entrainement et directement en phase pré-marche-et-vol.
Donc si on veut s’attarder dessus, on peut dire qu’il y a deux types de blessures à distinguer :Les blessures anatomiques entraînant des dégâts osseux, ligamentaires ou tendineux, Elles sont souvent fonctionnelles, c’est à dire qu’elle induisent une impotence plus ou moins grande. Le blessé pourra présenter une simple gêne (micro-lésion), une rougeur, une ecchymose, un hématome, plus ou moins associable à un œdème, avec une douleur plus ou moins importante. La marche peut être impossible en cas de fracture, sauf pour le péroné, qui n’est pas un élément essentiel à sa réalisation (quoique fortement déconseillé).
Ces blessures sont remarquables à l’auscultation et à l’imagerie médicale (radiographie, échographie, Scanner, IRM).
Le problème de récupération sera long dès lors qu’il y aura lésion anatomique : de 6 semaines à 3 mois.Les blessures qui ne sont pas anatomiques, mais montrent une souffrance qui peut être réversible. Exemple, les contractures musculaires, qui peuvent évoluer vers la rupture si la personne « force » dessus.
Les principales blessures qui peuvent se rencontrer avec ce type d’effort sont de type, lésions musculaires des ischio-jambiers (derrière les cuisses). Elles cicatrisent très bien et très vite, mais invitent à prendre du repos pendant six semaines, et tolèrent pour les plus gourmands une activité fortement réduite. On reprendra ensuite l’entrainement normalement à hauteur de 80% des efforts avant blessure.
La lésion du triceps sural (mollet) est autrement vicieuse, et impose une récupération lente, pour qu’elle soit totale. Sinon le risque de récidive court…
On admet aussi qu’une blessure qui se rapproche d’une articulation (elle est souvent tendineuse ou tendino-musculaire dans ce cas) est elle aussi potentiellement difficile à guérir.
Là aussi, il s’agira de 6 semaines de repos. Le désavantage étant que l’articulation est naturellement sollicitée et le tendon moins bien vascularisé qu’un muscle ou un ligament.
Les blessures tendineuses justement (tendinopathies), ont différents sièges : derrière le genou, sous la fesse, le tendon rotulien, le tendon d’Achille.
Elles imposent une récupération adéquate qui peut prendre plusieurs semaines ou mois, à ne pas négliger. La reprise trop rapide de l’activité peut nuire à une cicatrisation complète et rendre le problème récurrent. Sans compter que le tendon d’Achille peut aller jusqu’à la rupture.
Les entorses, très connues des sportifs, sont elles aussi des mécanismes d’agression, pouvant aller de la déchirure à la rupture. Elles concerneront surtout les chevilles des marcheurs, plus rarement les genoux. L’immobilisation qui va s’en suivre dépendra du processus de torsion, d’un ou plusieurs ligaments. Elles rendent en tout cas fragile la cheville du marcheur.
Les autres soucis rencontrés sont parfois les périostites (douleur aigüe le long du tibia), mais elles résultent à ce moment là d’un surentrainement, de chaussures mal adaptées, de mal-positionnements répétés du pied à la marche ou à la course.
Le syndrome de l’essuie-glace (ou de la bandelette ilio-tibiale) est une douleur apparaissant au niveau de la face externe du genou, mais est elle aussi soumise à un effort répété qui surviendra chez un marcheur ayant mal construit son entraînement et qui ferait bien de ne pas se présenter au Bornes To Fly dans ces conditions….
En dehors de ces blessures signalées, les lésions graves sont rares et résultent de traumatismes à haute énergie cinétique (déplacement du corps à haute vitesse).
Le vol :
Il dépendra de la météo rencontrée et les problèmes qu’il peut engendrer, dépendront donc de sa durée.
On peut relever que le parapentiste est soumis à l’altitude, et donc à l’assèchement de l’air comme également à la baisse de la température.
L’altitude peut agir sur le degré de vigilance du parapentiste, puisque l’installation de la fatigue est assez insidieuse contrairement à l’alpiniste qui produit un effort constant.
Il peut être courant de voler à une altitude supérieure à 4000m, et de s’exposer à l’hypoxie (manque d’oxygène) pouvant causer des troubles visuels, une baisse du temps de réaction, une altération du jugement, une euphorie passagère, etc.
Le risque de déshydratation n’est pas négligeable, surtout si on considère l’effort fourni avant le vol : sudation importante, perte hydrique et calorique.
Pour la partie vol, il faudra gérer le froid de nouveau subit, avec un organisme qui devra consommer plus de calories pour maintenir une température acceptable. Un vol long peut entraîner un état hypocalorique et donner des malaises hypoglycémiques (manque de sucre dans le sang -la norme est comprise entre 0,8 g/l et 1g/litre de sang).
Enfin le froid constitue également un paramètre de risque à ne pas négliger. La température déclinant de 0,6 à 0,9° tous les 100m, on peut subir une différence importante entre la zone de décollage et la zone d’évolution. S’ajoute également comme facteur constant le vent relatif, allant de 20 à 80 km/h, avec un pilote statique en vol, s’exposant donc à l’hypothermie, à l’engourdissement, et au possible risque de gelures des mains.
Le corps humain produit au repos environ 50 kilocalories (kcal) de chaleur par mètre carré, contrôlé par le système nerveux autonome, qui alterne une série de processus physiologiques avec une augmentation de la production de chaleur et une diminution de sa perte.
Pour un pilote passif dans sa sellette le danger du froid est favorisé par sa faible activité musculaire.
La perte de chaleur se fait par rayonnement (un peu plus de 50%), évaporation cutanée et respiratoire (environ 28%), conduction et convection (environ 15%). Exposé au froid, au stress et à la « passivité » physique, le pilote peut voir ses mécanismes d’adaptation dépassés par une perte de chaleur trop importante et mal contrôlée. D’où l’importance de l’alimentation, de l’hydratation et de l’habillement en phase pré-vol.
Les hypothermies en vol sont cependant rares et légères, comprises entre 32 et 35°C, et restent plutôt bien tolérées. Entre 34 et 35°C le corps commence sérieusement à frissonner jusqu’aux extrémités, puis on voit à des températures inférieures à 34°C des troubles de la vigilance, confusion, apathie( passivité, indifférence), un jugement altéré, des difficultés d’élocution, une léthargie et une perte de la motricité fine. La respiration est souvent plus lente elle aussi. En deçà de 33°C, l’apathie et les troubles des mouvements volontaires sont remarquables.
Les hypothermiques restent cependant stables et savent encore lutter.
Les traumatismes physiques du parapente sont liés à la position du pilote dans sa sellette et induisent facilement un traumatisme du rachi, et à la méconnaissance du terrain, puisque 2/3 des accidentés viennent d’un autre département.
Ceux qui nous intéresseront ici peuvent être dû à des traumatismes plus légers bien qu’handicapant : les accidents des membres inférieurs.
Ils concernent 50% des accidentés.
Et puisque nous parlions des effets retord du froid sur le pilote, un engourdissement des jambes qui favorise la stase veineuse si on ne bouge pas assez dans sa sellette (sans aller pour autant du côté du « syndrome du baudrier »), peut favoriser une mauvaise préparation articulaire à atterrissage, et donc un choc osseux conséquent pour le pied, la cheville et le couple tibia-péroné.
Allez, Be strong et bonne course à tous !!
La Mag 😉